Le Jugement Relatif à l'Annulation du Jeûne Afin de Sauver un Noyé

Le Jugement Relatif à l'Annulation du Jeûne Afin de Sauver un Noyé

Catégorie : Evenements , Le Ramadan , Jurisprudence , Le Jeûne

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Dernière mise à jour : 18/07/2013 19:07:38

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Question : Au mois de Ramadan, un jeûneur était sur la plage lorsqu'il vit un pêcheur en train de se noyer. Le jeûneur trouva que son corps était faible et que s'il ne prenait pas quelque chose qui lui donnerait de l'énergie, il ne pourrait pas sauver le pêcheur. Est-ce qu'il lui est permis, alors, d'annuler son jeûne pour un tel motif ?
Réponse :

Louange à Allah, Maître des Mondes; et paix et salut sur celui qu'Allah عزّ وجلّ a envoyé en miséricorde pour le monde entier, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection. Ceci dit :

Celui qui ne peut sauver une personne sur le point de mourir,  dans une noyade ou autres, que par la rupture du jeûne doit obligatoirement rompre son jeûne afin de sauver la personne en danger ; et s'il ne le fait pas, il supporterait du péché.

Par ailleurs, il doit rattraper le jeûne de ce jour, mais il n'est pas sommé de donner El-Fidia[1][2], car celui qui sauve un noyé prend le même statut que lui ; et il suit, ainsi, le jugement porté sur le malade et le voyageur quant à l'obligation de rattraper les jours non jeûnés sans donner El-Fidia, Allah عزّ وجلّ dit :  

﴿فَمَن كَانَ مِنكُم مَّرِيضاً أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِّنْ أَيَّامٍ أُخَرَ﴾ [البقرة : 184].

Traduction du sens du verset :

Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours﴿ [El-Baqara (La Vache) : 184].

Du reste, il est important de souligner que celui qui peut sauver autrui étant donné qu'il dispose des moyens de sauvetage telles qu'une embarcation et une corde ou autre chose qui entre dans sa capacité et s'est abstenu volontairement d'en faire usage, celui-ci supporte du péché et doit payer Ed-Diya[3] selon la plus valable des opinions des Ulémas.

Effectivement, le fait de s'abstenir de faire un acte est en lui-même un acte –et ce, selon l'avis le plus juste dans cette question citée dans les ouvrages qui y sont relatifs-. 

Ech-Chanqîti –رحمه الله- a mentionné plusieurs exemples afférents à cette question à travers les différentes Écoles jurisprudentielles[4] en disant : « … comme celui qui refuse de donner un restant de nourriture ou de boisson à une personne qui en a urgemment besoin jusqu'à causer sa mort, celui-là doit, dans le cas où l'on considère que le fait de s'abstenir de faire un acte est en lui-même un acte, payer Ed-Diya ; néanmoins, si l'on considère le contraire, il n'est pas, par conséquent, sommé de la payer.

De même, celui qui refuse de donner un fil pour l'utiliser dans le soin d'une personne atteinte d'El-Djâ'ifa[5] jusqu'à causer sa mort ; ou celui qui refuse de faire passer son eau à son voisin afin qu'il irrigue son champ jusqu'à causer la perte de celui-ci ; ou celui qui empêche intentionnellement quelqu'un qui veut réparer son mur étant sur le point de s'effondrer jusqu'à ce que celui-ci s'effondre ; ou celui qui retient un document relatif à un droit jusqu'à la perte de ce droit. En effet, les exemples de ce genre sont nombreux dans les questions de la jurisprudence, et si l'on considère que le fait de s'abstenir de faire un acte est en lui-même un acte, le responsable doit, par conséquent, payer le dédommagement dans tous les cassusdits ».   

Le savoir parfait appartient à Allah عزّ وجلّ, et notre dernière invocation est qu'Allah, Seigneur des Mondes, soit Loué et que paix et salut soient sur notre Prophète Mohammed, ainsi que sur sa Famille, ses Compagnons et ses Frères jusqu'au Jour de la Résurrection.

Fatwa de Cheikh Mohamed Ali Ferkous
Fatwa n°: 1061, Catégorie: Fatwas relatives au jeûne
Alger le 02 Cha`bane 1431 H
Correspondant au 14 juillet 2010 G

 


[1] C'est le fait de nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné à titre de compensation. Note du traducteur.

[2] Voir : « El-Madjmoû` » d'En-Nawawi (6/329).

[3] C'est la somme d'argent que la famille (ou la tribu) du tueur doit payer, à titre d'indemnisation, pour la famille (ou la tribu) de la personne tuée. Note du traducteur.

[4] Telles que : l’École Hanafite, l’École Malikite, l’École Chaféite, l’École Hanbalite, l’École Dhahirite…etc. Note du traducteur.

[5] Un poignardement très profond dans le ventre. Voir : « El-Fâ'iq » d'Ez-Zamakhchari (1/246) et « Moukhtâr Es-Sihâh » d'Er-Râzi (117).

 

Source : www.ferkous.com

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